Marie-Hélène Lafon

Marie-Hélène Lafon
Marie-Hélène Lafon

Une fois n’est pas coutume, je fais un post sur une auteure que j’ai découvert grâce à mon fils aîné. Il faut dire que Marie-Hélène Lafon est originaire du Cantal, de la vallée de la Santoire, un endroit qui nous tient à coeur, dont elle parle souvent dans ses romans.

Marie-Hélène Lafon écrit des romans courts, des petites histoires de gens ordinaires, appartenant souvent au monde paysans, mais pas seulement. Je suis extrêmement touchée par son écriture délicate et poétique. Elle résonne fortement en moi, j’y retrouve des émotions que j’ai ressenties en écoutant parler certains anciens de ma famille, qui étaient aussi des paysans . J’ai envie de te faire partager le plaisir que j’ai eu à lire 7 livres de Marie-Hélène Lafon.

Le pays d’en haut

Tout d’abord, « Le pays d’en haut« , un livre d’entretiens avec un journaliste où elle raconte son enfance dans les monts du Cantal, comment la marche l’aide à créer, les auteurs qui l’inspirent (tous des marcheurs !)… Elle est également très sensible à toutes les petites merveilles de la nature qu’elle décrit avec beaucoup de talent. C’est le livre qui m’a donné envie de découvrir l’auteure.

Gordana

Puis j’ai lu « Gordana« , un tout petit livre joliment illustré qui met en scène une caissière dans un supermarché. La narratrice lui invente une histoire à partir des petits détails qu’elle observe. C’est très subtilement écrit.

La demie de six heures

Tout de suite après, j’ai lu « la demie de six heures« , une nouvelle très courte qui parle d’une histoire d’amour se situant dans l’Aubrac. Je me suis pris la fin en plein dans l’estomac tant je ne m’attendais pas à cela. Violent !

Les derniers indiens

Mon fils est tout autant que moi conquis par Marie-Hélène Lafon. Il m’a prêté « Les derniers indiens » que j’ai lu d’une traite ! C’est l’histoire d’un frère et d’une soeur, derniers héritiers d’une famille de notables dans le Cantal, qui voient la société changer autour d’eux sans qu’ils n’y prennent part. C’est un huis-clos raconté par la soeur, Marie, qui n’est quasiment jamais sortie de sa ferme, dont la vie est entièrement tournée vers le passé. Ce texte est d’une beauté et d’une finesse… Et d’une tristesse ! J’ai été très touchée par la solitude dans laquelle leur mère « castratrice » et despote les a entraînés. Un roman social sur l’évolution rapide de notre monde qui laisse certaines personnes sur la touche. Ce livre m’a « retournée » !

Le soir du chien

Enfin, je viens de terminer « Le soir du chien » (son premier roman, prix Renaudot des lycéens en 2001), une histoire d’amour entre Laurent et Marlène, qui tourne court quand celle-ci rencontre le vétérinaire « le soir du chien »… Ce récit, raconté par Laurent, alterne avec des lettres, pensées, avis des protagonistes de l’histoire. Cela permet d’en savoir plus sur les personnages principaux. Un récit émouvant avec toujours en toile de fond la solitude que peut induire la vie en milieu très rural.

Joseph

Et enfin, j’ai découvert « Joseph », peut-être le roman que j’ai le plus aimé. Passionnée de généalogie, j’ai découvert il y a peu un des oncles de mon mari, Joseph, qui était comme le dans cette histoire, un garçon de ferme solitaire et taiseux, que la vie n’avait pas trop gâté. « Mon » Joseph était aussi originaire de ce coin du Cantal dont parle si bien Marie-Hélène Lafon !

« Joseph », c’est une plongée dans les souvenirs de cet homme pudique : le village, sa mère, son frère jumeau (avec lequel il n’a aucun « atome crochu »), les fermes où il a travaillé, la seule histoire d’amour qu’il ait vécue, l’alcoolisme dont il a guéri… Un roman dense dont on se délecte. Que j’aime décidément cette auteure !

Les pays

J’ai lu également « Les Pays », mais ce roman ne m’a pas trop plu. L’auteure y raconte ses études de lettres à Paris. L’écriture était trop recherchée, limite pédante. Je n’ai jamais cherché autant de mots dans le dictionnaire qu’en lisant ce livre.

Est-ce parce que ce roman a des accents autobiographiques que l’auteur a utilisé une langue aussi « châtiée » et des tournures aussi complexes. Un passage émouvant : celui qui termine ce roman avec la visite du père cantalou à sa fille à Paris.

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