Lectures d'été (1)

J’ai repris un bon rythme de lecture et du coup, je peux te communiquer une très bonne sélection. 6 nouveaux livres qui, pour l’essentiel, m’ont permis de passer un bon moment !

Ame soeur d’Ivan Jablonka

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J’ai découvert cet auteur avec son roman « Laetitia », qui relevait plus de l’essai que du roman, et que j’avais particulièrement apprécié. Ici, il s’agit d’une oeuvre de jeunesse éditée sous un pseudonyme, et ré-éditée récemment.
C’est l’histoire d’un jeune  un peu paumé dans une famille traditionnelle (père cadre sup, mère au foyer…) qui, en revenant d’un voyage au Maroc, apprend que sa soeur est morte soudainement. Pour échapper au contexte familial et tenter de se reconstruire, il reprend la route vers le Maroc en emportant le journal intime de sa soeur. Sa route croise celles de personnages qui veulent émigrer en Europe. Il rencontre  une prostituée ivoirienne à laquelle il demande de lire des passages du journal de sa soeur. Il découvre ainsi les circonstances de sa mort et un secret de famille bien gardé.
J’ai eu du mal à accrocher non pas au roman, dont j’ai trouvé l’histoire touchante, mais au personnage auquel on a du mal à s’attacher tant il est excessif.  C’est un roman court (150 pages) qui vaut la peine d’être découvert.

Grand frère de Mahir Guven

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Gros coup de coeur ! Tous les thèmes d’actualité  y sont : l’ubérisation de la société et l’esclavage moderne qu’il sous-tend,  le conflit entre chauffeurs de taxis et VTC, le terrorisme, la Syrie, le mal être des jeunes des banlieues, l’immigration, la difficulté à devenir « quelqu’un »…
2 frères, issues de l’immigration, élevés à Bobigny rêvent d’un avenir… très différent. Le roman est bâti autour du récit de Grand Frère, chauffeur d’Uber et grand fumeur de joint, entrecoupé par celui de Petit Frère, infirmier parti en Syrie. C’est un véritable page-turner, écrit dans la langue des banlieues, un métissage issu du français, de l’anglais, de l’arabe, du verlan…. qui peut dérouter ! l’auteur a pensé à tout : il y a même un glossaire !
Comme un thriller, le roman réserve une surprise à la fin… C’est vraiment une belle réussite qui a été couronnée du prix Goncourt du premier roman. Cette histoire a fait naître plein d’émotions et m’a profondément touchée car c’est avant tout une histoire d’amour fraternel, mais aussi filial.

Je me suis tue par Mathieu Menegaux

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Gros coup de coeur ! 
J’ai déjà lu « Un fils parfait » de cet auteur (voir mon post ici). J’avais envie de découvrir son premier roman… et quelle claque ! J’ai ressenti de l’empathie pour Claire, la narratrice, qui du fond de sa cellule à la prison de Fresne, écrit une lettre pour se libérer du silence qu’elle s’est imposé. Elle y raconte comment, elle qui était une golden women  à qui tout souriait, n’a pu surmonter un événement tragique  subi un soir d’hiver. Sa vie en a été marquée pour toujours. Les événements s’enchaînent et la conduisent en prison après avoir commis l’irréparable.
C’est un livre qu’on lit d’une traite, avec un noeud d’angoisse, et on voit bien que tout ça nous conduit vers un drame. Je ne t’en dis pas plus pour ne pas « spoiler » le roman. Court vite te le procurer ! tu ne le lâcheras plus ! En ce qui me concerne, il a continué de m’habiter une fois refermé.

La suture de Sophie Daull

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Trouvé par hasard dans une de mes librairies préférées (Chat Mirabel à Mirebeau), je ne peux que conseiller la lecture de ce petit livre de 200 pages. C’est un coup de coeur !
Sophie Daull vient de vivre un drame affreux : le décès de sa fille de 16 ans, qui a fait l’objet d’un livre « Camille, mon envolée » que je n’ai pas encore lu. Dans « La suture », elle se penche sur l’histoire de sa mère, Nicolle, une femme un peu énigmatique, qui elle aussi, a vécu un événement tragique que tu découvriras en lisant ce livre.
En fait, l’auteur ne sait rien de sa jeunesse jusqu’à son mariage. Elle se lance donc dans des recherches de son passé à partir du contenu d’une boite à chaussures pleine de vieux papiers (une mine d’or quand on fait de la généalogie !).
Elle part sur ses traces dans les villes où elle a vécu en repassant le fil du temps de l’après-guerre jusqu’aux années 80. Et comme c’est une romancière, elle tente d’écrire son histoire en inventant les éléments dont elle ne dispose pas. C’est très très bien écrit, d’une écriture simple,  avec de petites pointes d’humour.  Une histoire très émouvante.

Un paquebot dans les arbres de Valentine Goby

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J’avais énormément aimé « Kinderzimmer ». Ici c’est tout autre chose et c’est tout aussi bien !
Dans les années 50, une famille à qui tout sourit (amour, argent, amis…) voit son univers s’écrouler suite à la maladie du père, atteint de la tuberculose. Les parents sont imprévoyants et ne font pas face financièrement à ce revers. C’est à la 2e fille, à peine sortie de l’enfance, que revient la charge de porter toute sa famille, l’ainée n’assumant pas non plus ces difficultés.
On suit donc les embûches que Mathilde doit surmonter pour tenter de reconstruire sa famille et aider ses parents, tous les 2 partis en sanatorium, le grand paquebot dans les arbres (Audincourt dans les Yvelines avait en effet une architecture particulière).
Il y a quelques longueurs dans ce livre, mais j’ai aimé cette histoire qui parle d’un amour filial inconditionnel. Mathilde se bat avec la précarité, la pauvreté, sans aide de qui que ce soit car la tuberculose fait peur.  Il faut découvrir ce livre à l’écriture très belle, inspiré d’une histoire vraie.

La femme secrète d’Anna Ekberg

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Au Danemark, une femme, Louise, découvre du jour au lendemain qu’elle n’est pas celle qu’elle croyait. Elle découvre qu’à la suite d’un choc, elle est devenue amnésique. Elle se met à la recherche de celle qu’elle était, Hélène. Son (nouveau) compagnon, Joachim, mène également son enquête en parallèle. Le roman alterne ce qui arrive à Louise/Hélène et l’enquête menée par Joachim.
En 2 mots,  l’histoire est palpitante et c’est bien traduit. Mais il a un « mais » :  trop d’enchaînements cousus de fil blanc voire improbables et c’est bourré de clichés…. Si tu dois emporter ce livre sur la plage, c’est bien, tu passeras un bon moment car l’enquête est menée tambour battant.
C’est un premier roman de cette auteure qui en a fait un livre un peu fourre-tout, de peur, sans doute, que son intrigue ne soit pas assez dense. Disons que c’est un travers qu’il faudra qu’elle combatte dans un prochain livre.
 
 
 
 
 

 

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