Les huit montagnes de Paolo Cognetti

J’ai découvert Paolo Cognetti grâce à la communauté des bookstagrammers d’Instagram. Un gros gros coup de coeur pour « les huit montagnes » qui parle d’amitié, de fidélité, de solitude, de montagnes en Italie…. Ce livre a reçu le prix Médicis étranger en 2017 (ici).

Le résumé par l’éditeur :

«Quel que soit notre destin, il habite les montagnes au-dessus de nos têtes.»

Pietro est un garçon de la ville, Bruno un enfant des montagnes. Ils ont 11 ans et tout les sépare. Dès leur rencontre à Grana, au cœur du val d’Aoste, Bruno initie Pietro aux secrets de la montagne. Ensemble, ils parcourent alpages, forêts et glaciers, puisant dans cette nature sauvage les prémices de leur amitié.
Vingt ans plus tard, c’est dans ces mêmes montagnes et auprès de ce même ami que Pietro tentera de se réconcilier avec son passé — et son avenir.
Dans une langue pure et poétique, Paolo Cognetti mêle l’intime à l’universel et signe un grand roman d’apprentissage et de filiation.

Mon avis :

J’en ai encore les larmes aux yeux. Ce livre continue de m’habiter, alors que j’ai lu les dernières lignes il y a quelques jours. C’est tout simplement magnifique !

Ce récit est certainement inspiré de la vie de l’auteur. La dédicace qu’il fait, à la fin du roman, à son ami est tellement émouvante : « Cette histoire est pour l’ami qui l’a inspirée en me guidant là où il n’y avait pas de sentiers. Et pour la Foi et la Chance qui l’accompagnent depuis le début, avec tout mon amour. »

Je ne veux pas trop en dire sur ce roman, car il faut le découvrir page après page, le savourer, s’en délecter… L’auteur nous raconte l’histoire de son ami Bruno. Son amitié profonde, fidèle, indéfectible s’est construite au fil des années, ancrée dans l’enfance. Il y parle aussi d’amour filial, des occasions ratées, des regrets qu’elles entraînent. Mais c’est avant tout de son amour pour les montagnes, avec un « s » , qu’il nous parle au fil des pages : celle de l’enfance du père, celle de l’enfance de l’auteur à Grana dans le val d’Aoste, les montagnes que l’auteur va découvrir au cours de ses voyages…. Enfin on y parle de la solitude, de la difficulté à vivre en société, avec des règles qui ne font pas le bonheur de tous.

La nature est omniprésente dans ce roman, même si on ne la désigne pas par ce mot, selon l’auteur, une invention des gens des villes ! Il nous entraîne dans des courses en montagne magnifiques, par tous les temps.

L’écriture est simple, juste, extrêmement touchante. J’ai savouré chaque page avec un plaisir que je n’avais pas ressenti depuis longtemps.

Cours vite chez ton libraire (le livre est sorti en poche) ou à la médiathèque pour découvrir cette pépite !

Extraits

« – ça doit être beau de partir comme ça ? – Tu veux venir ? demandais-je. Pour plaisanter, mais pas seulement. Je regretterais que le chantier touche à sa fin. Jamais je ne m’étais senti aussi bien avec quelqu’un. – Non, c’est pas un truc pour moi, dit-il. Toi tu es celui qui va et qui vient, moi je suis celui qui rste. Comme toujours, pas vrai ? »

« c’est bien un mot de la ville, ça, la nature. Vous en avez des idée si abstraite que même son nom l’est. Nous, ici, on parle de bois, de pré, de torrent, de roche. Autant de choses qu’on peut montrer du doigt. Qu’on peut utiliser. Les choses qu’on ne peut pas utiliser, nous, on ne s’embête pas à leur chercher un nom, parce qu’elles ne servent à rien. »

« Tu vois les grands monuments en ruine qu’il y a à Rome, à Athènes ? Ces temples anciens dont il ne reste qu’une colonne ou deux, et les murs effondrés par terre. Et bien l’Himalaya, c’est comme le temple original. Débarquer là-bas, c’est comme voir enfin un temple en entier après avoir contemplé des ruines toute sa vie. »

Ma note : 5/5

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