Le restaurant de l’amour retrouvé d’Ogawa Ito

Le restaurant de l’amour retrouvé d’Ogawa Ito est un roman paru en 2008 aux éditions Philippe Picquier. Il a été édité en poche en 2013 chez Picquier Poche.

Le résumé par l’éditeur :

Une jeune femme de vingt-cinq ans perd la voix à la suite d’un chagrin d’amour, revient malgré elle chez sa mère, figure fantasque vivant avec un cochon apprivoisé, et découvre ses dons insoupçonnés dans l’art de rendre les gens heureux en cuisinant pour eux des plats médités et préparés comme une prière. Rinco cueille des grenades juchée sur un arbre, visite un champ de navets enfouis sous la neige, et invente pour ses convives des plats uniques qui se préparent et se dégustent dans la lenteur en réveillant leurs émotions enfouies. Un livre lumineux sur le partage et le don, à savourer comme la cuisine de la jeune Rinco, dont l’épice secrète est l’amour.

Mon avis :

Coup de coeur pour ce très beau livre d’Ogawa Ito ! J’ai découvert cet auteur par le très beau roman « La papèterie Tsubaki » (ici). C’est une pépite à lire absolument !

Comme tu le sais, j’aime aussi cuisiner. Ce blog est d’ailleurs consacré à toutes les « nourritures terrestres » qui nous alimentent ou qui nous nourrissent ! « Le restaurant de l’amour retrouvé » est la synthèse de ce que j’aime. Et en plus, il fait du bien !

Rinco souffre d’un grand chagrin d’amour. Elle en perd même la parole. Elle quitte tout pour revenir vivre dans son village d’origine, en montagne. Rinco revient chez sa mère, avec laquelle elle entretient des rapports tendus. Celle-ci accepte de l’héberger à condition qu’elle s’occupe d’Hermès, la truie de la maison.

Cherchant à s’occuper, elle ouvre un restaurant pas comme les autres, « l’escargot », où elle prépare des repas spécialement commandés par ses invités. Elle concocte ainsi des plats adaptés aux situations que vivent ses clients et cela les rend heureux. Un peu comme dans la papèterie Tsubaki, chaque proposition est complètement personnalisée et adaptée aux besoins du client. On a ainsi droit à de très belles descriptions de plats plus subtils les uns que les autres !

Ce livre, d’une grande délicatesse, plein de poésie (et remarquablement traduit), a pour thème la transmission, le don de soi, l’amour désintéressé. Mais aussi les relations mère-fille avec tout ce qu’elles peuvent révéler de tensions et de sentiments complexes. C’est sans doute ce point qui m’a le plus touché. Heureusement, tout finit bien !

Extraits :

« Ce n’était pas quelque chose qu’on m’avait appris, mais avant de cuisiner, je suivais toujours le même rituel. J’approchais mon visage, mon nez, des aliments, j’écoutais leur « voix ». Je les humais, les soupesais, leur demandais comment ils voulaient être cuisinés. Alors, ils m’apprenaient eux-mêmes la meilleure façon de les accomoder. »

« Un changement profond s’est opéré en moi aussi, dans ma façon de considérer les légumes. Jusque-là, je croyais que c’était moi qui faisais toute la différence en cuisine, mais en réalité mon rôle se résume à savoir associer les aliments entre eux. »

« Pouvoir simplement cuisiner pour quelqu’un me rendait vraiment heureuse, du fond du coeur. »

« Ma mésentente avec ma mère était précisément cette boue en moi, mais si je demeurais sereine, elle ne salirait pas tout mon coeur. »

« Si tu cuisine en étant triste ou énervée, le goût ou la présentation en pâtissent forcément. Quant tu prépares à manger, pense toujours à quelque chose d’agréable, il faut cuisiner dans la joie et la sérénité. »

 » L’amour n’a pas besoin d’artifices, alors j’ai simplement ajouté une pincée de sel. « 

Ma note : 5/5

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